Caro et cie

La Révolution carolinienne (et non carolingienne)…

Responsable, je me sentais responsable de tout, absolument tout, au sein de ma famille… De leur bien-être psychique et physique, mais aussi, de la qualité de la nourriture qu’ils ingéraient et de la propreté de la maison familiale. Pendant qu’ils vaquaient à leurs occupations, je m’affairais à faire des repas nourrissants, à laver les vêtements, à faire le ménage, à effectuer les courses, à programmer les rendez-vous, à veiller à ce que les devoirs et les leçons soient faits, à suivre l’horaire des sports et des activités, à rendre disponible un corpus de livres intéressant, à arrêter toute conversation pour leur donner toute mon attention, et ce, tout en m’épanouissant en tant que personne via l’écriture, la broderie, le bénévolat, les voyages, etc.

Je me sentais constamment responsable, et même si je n’avais aucune envie de déposer le roman que je lisais avidement alors que Pat et les enfants regardaient innocemment un film, je le faisais en rouspétant… Toutefois, rouspéter n’a jamais fait participer personne et je finis par me lasser de me lamenter sur mon sort…

Je me mis donc à revendiquer, revendiquer le droit à l’égalité dans ce « foutu vaisseau ».  En fait, je voulais surtout vivre innocemment comme tout le monde ici, sans stress et sans remords face à mes « supposées » responsabilités. Mais, revendiquer et crier n’a jamais fait réagir personne… Si ce n’est de mettre le feu aux poudres et de provoquer des discussions enflammées dont personne ne sortait gagnant. Difficile le chemin menant vers la liberté d’être…

Tout quitter?Adios amigos débrouillez-vous… Ben, non!   C’est une Révolution que j’ai menée. Une Révolution tranquille à petite échelle… Je me suis mise à me désintéresser des repas, en fait, je ne cuisine maintenant que lorsque j’y prends plaisir; à laisser les vêtements sales s’accumuler et à privilégier le lavage des miens; à faire mes travaux et vaquer à mes occupations, et ce,  même si le poil de Bobby forme une belle petite boule dans le coin du salon; à lire mon roman même si c’est l’heure du souper; à partir au Pérou pendant deux semaines en laissant chacun libre de pourvoir à sa propre autonomie; à rendre chacun responsable de faire son lunch…

Maintenant? Pat fait la cuisine, passe la balayeuse, lave le plancher et va même chez Métro de temps en temps (je pense qu’il ne vomirait plus s’il devait changer une couche); Charles fait son lavage, la cuisine et accompagne son père chez Métro;  Sara arrose les plantes, gère son équipement de soccer, laisse peu de vêtements par terre dans sa chambre; Philippe enlève la neige dans l’entrée, nettoie la salle de bain et ramasse enfin sa casquette.  

Dire que j’aurais pu tout abandonner et recommencer une nouvelle vie pour m’affranchir de celle que j’ai bâtie… Or, j’ai dû faire preuve de détermination, de volonté et surtout, je l’avoue, d’une bonne dose de paresse!

Je suis méconnaissable et ils le sont aussi…

février 15, 2011 Posted by | Révolution | 7 commentaires