Caro et cie

La saga des Béothuks, à lire absolument!

Lors de mon séjour sur l’île de Terre-Neuve, j’ai arpenté, avec une admiration sans bornes, cette nature grandiose dont de nombreux peuples ont su tirer profit pendant des millénaires… J’ai visité les sites historiques de Port-au-CHoix et de l’Anse-aux-Meadows, me passionnant pour les peuples amérindiens, comme je l’ai toujours fait d’ailleurs… Je fus surprise de voir qu’on parlait rarement des Béothuks, la nation qui était présente lors de l’arrivée des Européens, contrairement aux Vikings et autres peuples amérindiens ayant habité Terre-Neuve bien avant…

D’eux.. Pas grand chose si ce n’est quelques bribes de temps à autre…

Je viens de comprendre pourquoi en lisant « la saga des Béothuks ». Je viens d’apprendre qu’il y a eu un génocide, que les Anglais, et même semble-t-il les Français, ont tout fait pour éliminer ce peuple. Ils ont réussi, car aujourd’hui, il n’y a plus aucun représentant de cette nation qui était pourtant florissante à l’arrivée des Européens. En effet, plus de 2 000 Béothuks vivaient dans l’harmonie, bénéficiant des ressources généreuses de la mer, des rivières et de la terre. Les rencontres avec les Européens ne furent pas positives puisque ceux-ci ont profité de leur naïveté et qu’ils les ont traités comme des animaux. Ils les ont rendus craintifs en enlevant des gens, en leur tirant dessus à bout portant, en les obligeant à se retrancher loin au centre de l’île, en barrant les rivières pour garder le saumon dans des bassins, en donnant des récompenses à qui en ramènerait un, etc… Cette nation devenue miséreuse, peinait à se nourrir et devait sans cesse se cacher pour ne pas être exterminée…

Bien que certains Béothuks se soient assimilés à d’autres nations, la dernière représentante officielle, Shanawditith, est morte en 1829, laissant l’histoire de son peuple derrière elle… Elle raconta même le massacre de quatre cents Béothuks sur une pointe de roche; un fait qui n’a jamais été revendiqué par personne évidemment!

À lire absolument… « La saga des Béothuks » de Bernard Assiniwi. Celui-ci est né à Montréal et appartient à la nation indienne des Cris. Historien, conteur et romancier, il est l’auteur de plus de nombreux ouvrages sur l’histoire et la vie des Indiens du Canada.

P.-S. J’ai pleuré quelquefois en lisant et je traine un poids de colère… Ce qui m’arrive peu souvent…

novembre 4, 2009 Posted by | je lis..., je m'offusque | 4 commentaires

Cours d’éthique et de culture religieuses…

Ce midi, attablée avec Pat chez Mangiamo, je lisais le journal de Montréal d’un oeil, pendant que Pat réfléchissait, à je ne sais quoi, en regardant dehors. Nous donnions sûrement l’impression d’être un couple qui n’avait rien à se dire… Et bien, c’est tout faux! C’est qu’il y avait plusieurs articles qui m’intéressaient dans l’édition d’aujourd’hui, dont celui sur les cours d’éthiques et cultures, récemment intégrés dans notre système scolaire Québécois.

Le but: Expliquer les différentes religions, mettre l’accent sur ce qu’elles ont en commun sur le plan des valeurs, des croyances et des convictions, afin de favoriser la reconnaissance de l’autre, tout en développant le respect et la tolérance. Ensuite, plus loin dans le parcours, l’élargissement et la consolidation des apprentissages favoriseront la capacité de traiter de questions éthiques ou religieuses avec objectivité et discernement… (Voir le programme ministériel)

Mais voilà que certains parents montent aux barricades, qu’ils demandent des exemptions pour leurs enfants d’assister à ce cours, quand ils ne les retirent pas tout simplement. Et que lis-je? Que ces parents sont des pratiquants et qu’ils ont peur que leurs enfants soient mélangés et ne croient plus à la religion dont ils font partie!

Quoi? Ils s’offusquent que le développement du sens critique de leurs enfants puissent les amener à penser autrement qu’eux? Chacun a droit à ses croyances, mais c’est important de développer sa tolérance envers les autres, sans nécessairement affecter sa foi. De plus, c’est un droit que de pouvoir choisir soi-même.. Il y a tant de guerres qui découlent des conflits de religions. L’ouverture aux autres est l’une des valeurs les plus importantes qu’un individu peut développer quant à moi.

Mes enfants ont déjà un sens critique très développé. Sara, à l’âge de 7 ans, nous avait fait un beau discours rhétorique sur l’impossibilité que les humains descendent d’Ève et d’Adam… Et j’espère qu’ils vivront dans la tolérance des autres, dans un monde si morcellé par les religions…

Dans quel monde vivons-nous?

septembre 11, 2008 Posted by | je m'offusque | 11 commentaires