Caro et cie

Brume d’hiver…

Elle avance d’un pas vif sur la rue qui longe le lac, Bill le petit chien noir trottant à ses côtés, imprégnée de ce calme enveloppant, que seule la brume peut créer. La soirée est grandement avancée, à tel point, que c’est presque déjà demain. La rue est déserte, le restaurant vide, un chien abandonné à l’extérieur jappe sur leur passage, pour faire savoir qu’il est là. Au loin, tout au bout de la rue, le clocher de l’église perce les vapes blanches de cette brume d’hiver, que provoque la condensation de la neige sur l’immense étendue glacée. Qu’une couche de brume, avec au dessus un ciel étoilé où veille de sa clarté, un quartier de lune. Elle a une impression d’irréalité, mais elle a tant à penser..

À la chance qu’a son fils ainé de pouvoir compter sur ses grands-parents adoptifs comme s’il était de leur propre sang, tout comme les autres enfants nés de son union avec leur fils. Pour le fêter, tous étaient présents et c’est justement pour laisser retomber la fébrilité de la soirée, qu’elle a mise son cabot en laisse et qu’elle est partie arpenter les rues du village. De plus, elle se réjouit du voyage qu’elle fera sous peu avec son mari. Elle se remémore les listes qui trainent un peu partout pour ne rien oublier et revoit l’horaire chargé des jours précédant le départ.

Elle flotte presque sur ce brouillard lorsque tout à coup, une évidence apparait: Devant elle, autour d’elle, un décor digne d’un livre de Stephen King. Un chat zombie traverserait la rue, un monstre affreux et dégoulinant surgirait de la brume depuis le lac, un clown jaillirait des égouts, qu’elle n’en serait nullement surprise. Puis, le chien esseulé, jappe à nouveau, la ramenant subitement à la réalité.

Elle est bien et profite du calme ambiant, de ce silence que même le sifflement du vent ne trouble pas. Elle n’en sait rien, n’en est pas consciente, mais une douce lumière blanche l’entoure, la protège… Et puis, avec l’abominable Bill qui trotte au pas à ses côtés, rien ne peut l’atteindre, lui faire du mal. C’est Stephen King qui a une imagination débordante, pas elle!

Sur le lac enneigé, derrière le rideau opaque, le monstre soupire… Rien à faire, elle est intouchable. Il se contentera du chat …

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mars 16, 2008 Posted by | fictions | 4 commentaires