Caro et cie

Le tour du mont Albert…

Le 3 juillet 2010

Mauvaise programmation de l’alarme du cellulaire, départ de l’anse aux quinze collets en envoyant un large salut de la main au Capitaine Michaud qui s’affaire déjà sous son bateau,  déplacement vers le parc de la Gaspésie et préparation de départ ont fait en sorte que nous commençons l’ascension du mont Albert vers 11h00!  Le tour de 17,4 kilomètres s’effectue dans un délai de 6 à 8 heures et comme les journées sont longues, nous ne nous inquiétons pas outre mesure. 

L’ascension de 5.7 kilomètres jusqu’au sommet du versant nord du mont Albert est continue et le dénivelé de 850 mètres de ce sentier est le plus important du parc de la Gaspésie.  La flore est luxuriante, le sentier rocailleux étroit, la vue sur la vallée imprenable, le courage et l’audace nécessaires…  Michèle et moi progressons lentement, un pas à la fois, conscientes que nous  devons doser nos énergies pour faire le grand tour du mont Albert. Lors d’une randonnée extrêmement difficile comme celle-ci, la force mentale est aussi importante que la force physique, car il ne faut jamais se décourager…  Je me répète la phrase du Capitaine Michaud: « L’avenir appartient aux audacieux »… Heureusement, car encore une fois, je ne me suis pas levée tôt!

Lentement, mais surement, nous arrivons au sommet en sueur, accablées de chaleur.  Rapidement, dès que nous récupérons des efforts de la montée,  le froid pénètre nos vêtements  et les transperce.  Il vente et le sommet est dans les nuages. Les gens se cachent dans le minuscule abri nommé « les rabougris ».  Nous, nous mangeons à l’extérieur. J’aime cette atmosphère irréelle que créée le brouillard; j’aime ce froid mordant qui apaise les chaleurs et les sueurs de l’effort; j’aime respirer l’air frais de cette montagne que j’ai montée avec mes pieds; j’aime me trouver au sommet du mont Albert…

Nous traversons ensuite une partie de l’immense plateau du sommet sur une passerelle de bois, et ce, afin de ne pas abimer la tourbière qui se trouve sous nos pas…   Les nuages filent à toute allure,  les petites plantes arctiques alpines attirent notre regard par leur finesse et leur délicatesse, la passerelle nous permet de relâcher notre attention du sentier et d’admirer ce qui nous entoure, les piles de l’appareil photo de Michèle rendent l’âme et le mien ne fonctionne plus depuis la veille…

Puis, nous arrivons à un belvédère qui se nomme « le Versant »…  Je ne peux que reprendre un vieux cliché pour exprimer ce qui se passe en moi à ce moment-là : c’est tellement beau que j’en ai le souffle coupé!  Coupé,  jusqu’à en pleurer… Pleurer, jusqu’à ne plus pouvoir arrêter… 

Un immense canyon s’étend sous nos yeux, des masses de neige couvrent les flancs du mont, un ruisseau dévale à travers les immenses rochers, une minuscule rivière coule au fond de la vallée.   On dirait la vallée du parc Jurassique ou, comme le dit Michèle, la vallée de Petit Pied le dinosaure… Nous descendons au début du sentier et nous asseyons sur des rochers à quelques mètres l’une de l’autre, silencieuses, avalées par ce paysage qui se déploie sous nos yeux.  Mes larmes arrêteront-elles de couler?   Dans ma tête, je grave ces images, à défaut de les immortaliser sur une photo ou une vidéo…  Par contre, je ne peux m’empêcher de demander (où est-ce  Michèle?) à un jeune couple de le faire pour nous et de nous les envoyer par courriel ensuite…

Nous entamons enfin la longue descente  de 12 kilomètres. Une descente difficile durant laquelle nous devons jouer à saute-mouton sur les rochers et porter une attention constante au sentier qui longe la rivière, et ce, jusqu’à la toute fin du parcours ou presque…  D’ailleurs, alors que nous avançons facilement pour une fois, des racines sont les seuls obstacles visibles, je crie à Michèle en voyant un minuscule caillou:  » Oh non, pas encore une rocher » … Ce qui nous fait bien rire! 

Au camping, après un repas léger pris sans grand appétit, nous nous couchons sans aller nous doucher, même si cela fait 3 jours que nous nous lavons à la débarbouillette… Enfin, Michèle,  bien qu’elle trouve que notre site de camping est grand et boisé, avoue qu’elle préfèrerait squatter une plage sur le bord du fleuve et y faire un feu…

Je pense qu’elle est contaminée par  la vie de nomade…

Voici la carte du sentier avec le relief...

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juillet 12, 2010 - Posted by | Caro et Michèle, Gaspésie 2010, Je nomade, je voyage

Un commentaire »

  1. Etre submergée par l’émotion tellement Dame Nature est belle, ça m’est arrivé également.

    Commentaire par Mijo | août 17, 2010 | Réponse


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