Caro et cie

Rencontres bizarres…

Ma faculté ayant voté la grève en appui au professeur et aussi pour dénoncer le sous-financement de l’UQÀM,  je suis en pause pour une semaine.  Je me présenterai à l’université pour assister à la prochaine assemblée générale.  Une petite pause des trains bondés de fins de journées et des gens bizarres croisés dans le métro.

Les usagers du train sont des professionnels tous habillés de noir ainsi que des étudiants.  Les trajets s’effectuent généralement dans le silence, cependant les conversations entendues sont hautaines: certains comparent les écoles privées de leurs enfants (et c’est fréquent croyez-moi) et d’autres énumèrent les noms connus et les postes qu’ils occupent!  Du pétage de broue, ni plus ni moins!

Dans le métro, c’est autre chose.  Parfois, je me demande dans sur quelle planète habitent certaines personnes.  J’ai vécu quelques expériences bizarres, comme cette fois où un jeune toxicomane est arrivé à la porte coulissante du wagon avec un non-voyant qu’il  a choisi de me confier.  Il se tenait sur le seuil, empêchant la porte de se fermer, en me disant que j’étais belle, très belle, assurant le non-voyant qu’il lui avait choisi la plus belle femme qui soit…  Quelle tristesse de voir ce jeune homme qui pourtant a fait preuve de beaucoup de gentillesse…:-S  Les autres usagers retenaient leurs sourires.  J’ai donc pris soin du gentil monsieur non voyant qui tenait à faire savoir qu’il ne connaissait pas le jeune homme.  Pour ma part, je  lui confiais que j’avais la chevelure argentée et que je ne correspondais pas du tout au profil de la belle femme!  Il m’assura que pour lui, j’avais de très belles mèches blondes..;-)  

Hier, je me suis assise près d’un homme qui compulsait sur la poudre.  Lorsque je suis entrée dans le wagon, j’ai bien vu que ses vêtements étaient gris et parsemés de taches blanches.  Sa chevelure aussi.   J’ai pensé que c’était un tireur de joints jusqu’à ce que je le vois tenir précieusement son contenant de poudre. Je l’observais du coin de l’oeil et vis qu’il s’en mettait partout: dans les bas, sur ses jambes, dans son cou.  Il avait les mains pleines, ce qui ne semblait pas le déranger outre mesure.  D’ailleurs, l’intérieur de ses doigts était blanc, blanc, blanc…   Imaginez comment il doit se sentir  pour ne pas résister à se poudrer ainsi devant tous et à en imprégner ses vêtements? 

C’est triste…    C’est certain que lorsqu’on reste dans nos petits villages, on ne voit pas ces toxicomanes,  ces gens fragiles, les mendiants. Pas plus qu’on ne sent l’odeur parfois âcre de  l’urine dans les métros.  On peut en faire abstraction.  Mais quand on s’y déplace, on se rend compte que tous ne sont pas égaux et qu’il y a des gens qui ont besoin d’aide…

avril 2, 2009 Posted by | Uncategorized | 12 commentaires