Caro et cie

Pérégrinations intérieures…

J’ai terminé les récits de mon voyage au Nouveau-Mexique. Ce voyage, qui sans que ce soit le but visé au départ, m’a fait beaucoup réfléchir sur différents aspects de ma vie, mes valeurs et mes désirs. Sans que je le veuille, des évidences se sont imposées à moi. Des constats. Des idées. En fait, c’est l’apanage des voyages que de voyager aussi intérieurement…

Le plus grand constat du voyage, outre ma propension à souffrir du mal des hauteurs, est que je recherche l’aventure, l’exploration et les découvertes. Je ne suis pas une campeuse, je suis une voyageuse. Je prend la route pour voir de nouveaux horizons et vivre de nouvelles aventures. J’étouffe dans la répétition. C’est pourquoi je cherche sans cesse le dépaysement et l’émerveillement. J’admire les beautés qui m’entourent avec des yeux nouveaux à chaque fois. Je détecte les moindres changements de nuances des contrées que je sillonne et j’hume avec bonheur les parfums inconnus (comme celles des pierres brûlées par le soleil dans les ruines Mayas ou des ananas à Hawai). J’ai besoin de voir grand, de respirer à pleins poumons!

Vous me direz que je n’ai rien vu. Que l’Europe m’est inconnue. Moi je vous répondrai que l’âme du voyageur n’est pas seulement dans les pays, les déserts, les campagnes, les forêts ou les villes qu’il visite, elle est plutôt dans le désir de découverte qui sommeille en lui, qu’importe ses aspirations. Certains vont loin, mais voient peu, encarcannés dans le luxe et les attractions, alors que d’autres vont jusqu’au bout de chaque route même si elle se trouve dans le village voisin… Loin de moi, l’idée de porter un jugement, comme certains blogueurs pensant faire partie d’une élite le font, mais plutôt de constater que j’ai trouvé MA voie…. L’important c’est d’aller au bout de ses rêves même si pour certains, c’est d’aller une fois par année à Old Orchard en juillet.

Je suis une habitante de mon continent: jeune, grand, immense, imposant ne demandant qu’à être exploré et admiré. Aller dans l’Ouest m’a fait réaliser que j’ai des racines profondément encrées dans mon pays, le Québec… Ce magnifique pays parsemé de lacs, veiné de rivières tumultueuses, traversé par le majestueux fleuve Saint-Laurent et recouvert de magnifiques forêts laurentiennes et boréales (qu’il faudrait d’ailleurs protéger activement). Parfois, le soir en relaxant dans mon spa, je peux même admirer de longs rubans lumineux dansant autour des étoiles: des aurores boréales.

Au Nouveau-Mexique, l’excitation du dépaysement du début a fait place à une réalité: la verdure et l’eau me manquaient. Si vous saviez l’excitation que j’aie ressenti lorsque j’ai aperçu le Rio Grande après plus d’une semaine dans des plateaux désertiques, où les canyons creusés par les cours d’eau étaient tous asséchés. Autant ce dépaysement m’a enchanté, charmé, autant il m’a fait apprécié mes réalités (nos réalités)…

Pour ce qui est de l’est de l’Amérique, nous avons maintenant vu tout les endroits que nous voulions voir. Il est certain que nous pouvons encore nous promener et batifoler à gauche et droite en profitant tout simplement de la vie… Cependant nos projets futurs concernent plus l’Ouest Canadien et des États-Unis, le Mexique, Terre-Neuve, l’Amérique Latine, la Grèce, l’Italie, le sud de la France et l’Espagne. Nous rêvons de contrées trop éloignées pour les atteindre en moins de 2 semaines (au plus 3) en motorisé.

De plus, comme je l’ai abordé rapidement, je retourne sur les bancs de l’université ce qui diminuera dans les années à venir les périodes disponibles pour voyager. Donc, nous pensons sérieusement à vendre le Winnie (en fait il est à vendre) pour continuer nos explorations mais cette fois-ci, en avion! Nous changerons mon petit 4×4 pour un petit campeur, afin de conserver cette liberté de gypsie que nous adorons (pour retourner sur la côte nord par exemple). Puis, à la retraite, nous reprendrons la route. À ce moment, nous aurons le temps nécessaire pour aller aussi loin qu’on le désirera. Dans un avenir rapproché, je me vois bien partir pour 5 jours à San Francisco, aller deux semaines au Mexique avec les enfants (en ciblant notre destination, nous pourrons visiter les villes coloniales et les ruines incas et Mayas qui nous intéressent), explorer le grand nord (une expédition au Nunavit me tente énormément), etc…

Ce que j’en ai à vous raconter… Comme cet examen pour entrer à l’école privée que Sara vient de passer… Ou cette idée folle de retourner vivre dans la ville qui nous a vu grandir, mais dans sa partie historique, sur les rives d’une petite rivière, presque à l’embouchure d’une autre plus importante… Mes études pour enseigner le français au secondaire… Ma coupe de cheveux que je n’aime pas… Bill que je trouve de plus en plus associable et mésadapté… Phil qui a pris un coup de vieux depuis qu’il travaille et qu’il conduit son scooter… Charles qui ressemble tellement à Brad Pitt, mais en plus charmant (quoique Brad est peut-être charmant?)… Mes trilles blancs en avant qui sont en fleurs… Et………..

mai 13, 2008 Posted by | je pense, je raconte... | 12 commentaires